Petit guide pour mieux comprendre l’intérêt des petites sauteries urbaines neo-bourgeoises de plus en plus à la mode dans nos villes.
Depuis que j’habite à Bali, je rentre directement chez moi après le boulot, c’est à 7 minutes en voiture! Quand j’avais mon appartement à Makepe, je me faisais au moins un afterwork par jour, pour boire avec mes amis de la banlieue ou juste écouter de la musique, le temps que les embouteillages finissent.
Stephane, 33 ans.
Comme Stephane avant qu’il ne devienne « bôbô » et qu’il ne décide de payer un loyer deux fois plus élevé pour une superficie souvent deux fois moins grande au centre ville, beaucoup de ‘Millenials’ passent leur début de soirée dans les bars et clubs des grandes villes, en mode afterwork. Les Millenials?? C’est le nouveau nom des jeunes cadres dynamiques, l’expression JCD est tombée en désuétude. Si tu l’utilises encore pour parler des jeunes actifs, c’est que tu es né avant 1978. Sinon, arrête ça vite!
Je ne vais pas faire celui qui sait trop ce que c’est, donc je vais demander à mon ami Google.
Par extension, l’afterwork est devenu un type d’événement auquel on va à la sortie du boulot, généralement avant le dîner. Après certains afterworks, on a souvent tellement mangé qu’on ne dîne même plus!
Les afterworks, c’est pour attendre que les embouteillages finissent

C’est la fonction primaire de l’afterwork en milieu urbain. Quand on travaille au coeur de Douala, Yaoundé, Paris ou New York et qu’on ne veut pas s’encombrer d’un appartement sur-exposé à la lumière à cause de la magnifique baie vitrée qui donne l’impression que le salon est déjà sur la terrasse, on prend un appartement un peu moins « bling », plus confortable et plus spacieux dans la périphérie. C’est moins bruyant, moins pollué, moins « au milieu de tout » et surtout, c’est moins cher! « Bon, c’est pas seulement une question de loyer », dit-on… on sait bien que c’est par pur amour pour le tourisme péri-urbain qu’on se tape 2h de bouchons entre la maison et le bureau tous les matins et tous les soirs! Et c’est à ce moment précis de l’histoire qu’on revient sur les afterworks et leur fonction « de base » : étancher une soif illusoire, plus sociale que physique, en attendant que la circulation soit plus fluide. Les résidents de Bonaberi, Makepe, Bonamoussadi, Yassa, Logpom et des autres banlieues bourgeoises de la capitale économique du Cameroun savent bien de quoi je parle, puisqu’ils sont à l’origine de la prolifération de bars, pubs et afterworks inutiles en tout genre!
On en arrive meme à trouver des afterworks autour des matchs du championnat de foot israélien ! N’est- ce pas on est fatigués de regarder les camerounais mouiller à la télé ?!
Les afterworks, c’est pour rencontrer des gens et étendre son réseau professionnel


Mouf, vous entendez?! M.O.U.F.
Tu sors de 4 heures de réunions sur 10 heures au bureau, c’est pas pour qu’un gars vienne
commencer son boulot sur toi la nuit en postillonnant délicatement sur ta bière et tes brochettes trop chères. Bon, on sait que c’est cher à cause du climatiseur dans le snack et de l’impact du loyer à Akwa! Mieux vous allez au bar discuter sur le salaire d’Eto’o, ça détend toujours.
Les afterworks, c’est pour regarder la jeunesse dorée faire comme si le vin c’est l’eau

Déjà, quand tu vois un afterwork sur invitation auquel tu n’es pas invité, pour lequel on tolère néanmoins que tu puisses entrer en payant 5€ (ce sont les standards dans les milieux bourgeois, on se cale sur l’euro – tu ne peux pas comprendre!) qui ne te donnent pas accès à la boisson, comprends que les gens-là voulaient vraiment rester entre eux! Tu remarqueras que dans ces afterworks-là, entrer en marchant sur un tapis rouge (plutôt que sur les carreaux rénovés du snack) et faire une photo devant les logos des sponsors sont les arguments principaux pour lesquels on va te demander de payer l’entrée! Bon, il y a aussi le fait que tu puisses y croiser Stanley Enow s’il est à Douala, ou encore Daphné, Valerie Ayena (Miss Cameroun 2013), Jessica Ngoua Nseme (Miss Cameroun 2015), ou d’autres jolies filles, accessoirement Miss Biopharma, Étoile, Maggi Crevette, Fomaric, Mama Kilo, Orangina et j’en passe. C’est tout ça qui coûte 3.000 FCFA, pour entrer.

Dedans, le moindre jus est à partir de 3.000 FCFA donc ne compte pas sur ces afterworks-là pour rentrer saoul chez toi, à moins qu’on ne vienne de payer les salaires! Bon, il y’a tout de même de super DJs, des petits plateaux de nems, cupcakes, charcuterie et autres curiosités qu’on aime particulièrement, ça permet de pré-dîner et de rentabiliser les 3 kolos de l’entrée. Quand tu sors de là sans fille à embarquer, sans connaître le nom du blanc que tu as salué en entrant, sans que l’organisateur ne sache qui tu es, tu te demandes si ceux qui ont acheté 3 bouteilles de champagne en 45 minutes vendent la drogue ou bien consomment à crédit. Ça sert aussi à ça, les afterworks: se frotter à la jeunesse dorée qui est dans les journaux et sur les z’internets du Minpostel et qui n’a toujours pas 30 ans!
Plus sérieusement, j’aime bien les afterworks parce qu’ils permettent de rompre avec la pression du boulot, de se connecter à la réalité parfois très amusante de contemporains aux motivations diverses et ondoyantes et de rentrer à la maison, sourire aux lèvres, avec l’illusion d’avoir pris un peu de temps pour soi. C’est assez agréable, vous devriez essayer!
Aux amateurs de bon vin et de spiritueux, je recommande la Vinotheque (Bonapriso, Douala).
Aux fans de cigares et autres nostalgiques d’une Cuba qu’ils n’ont jamais connue, je
recommande le Havana Room (Bonapriso, Douala).
Pour les fans de cocktails, je me suis laissé dire que les meilleurs cocktails de Douala étaient au Bubble Bar (Makepe, Douala). Essayez et partagez!
Pour les plus sages, le meilleur smoothie Framboise du pays est chez Ci Gusta (Quartier Fouda, Yaoundé).
Pour les puristes, rien ne vaut les microscopiques brochettes 50-50 de la Briqueterie (Yaoundé), un régal! On y mange pour trois fois rien!
Pour ceux qui aiment manger les chats, battez-vous! C’est votre problème!
Je vous ferais bien des recommandations thématiques, mais il y en a tellement, pour tous les goûts et pour toutes les bourses, que j’y serais encore dans un an si j’essayais!
La vie est faite pour vivre, puis mourir.
Au revoir.

Très beau, mais très réaliste.
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Merci 😊
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« Pour ceux qui aiment manger les chats, battez-vous! C’est votre problème! » J’adore c’est très bien écrit et un peu trop réaliste…lol
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Un jour je serai classé parmi les sociologues 😂😎
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« Pour ceux qui aiment manger les chats, battez-vous! C’est votre problème »
Hahaha mais les sous entendus sous cette phrase sont lourd. En tout cas ça dépend du « chat » et ça depend du sens de « manger ». Bon article… super bon article.
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Merci!! 🙏🏽
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J’adore 😂😂😂😂j’ai Bien ri.
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Pardon le mangement de chat, c’est quel afterwork comme çà ?
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Il y a des afterworks pour tous les goûts 😉
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Ndjimiiiiiiiiii tu as une façon tellement chouette de voir les réalités de la Life, avec un soupçon d’ironie et un mélange d’humour et de saumon fumé sur ça.
C’est un kiffe de te lire.
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Merci Sangra ! ❤
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You are my wanabee. . Bien écrit, finement pensé, rondement posé et mielleusemment drôle. Décalé et hilarant. Je kiffe ton style ❤❤❤
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THANKS A LOT!
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😂😂😂
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Vraiment le gif là m’a mise au sol… Humour noir bien corrosif que j’adore. Bravo l’artiste
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Merci!! 😍
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je savais d’abord que les afterworks c’était quoi ? j’ai aussi appris
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Je dis tout simplement Waaouuuu, très édifiant ce texte, j’ai pris une grand plaisir à le lire. Je ferais partie delà team afterwork’s ce soir au MAMIA …
J’attend tout les MILLENIALS.
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