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On fait l’bilan, calmement…

Comme les moins jeunes d’entre nous, en lisant le titre de ce billet, je fredonne l’air entraînant du tube des Neg Marrons, aux grandes heures du Rap Français. C’était il y a 23 ans, déjà… Mais rassurez-vous, je ne vous parlerai pas d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, ni de Montmartre, ni de ses Lilas.

Si vous n’avez toujours pas la référence, vous êtes jeune et vous gagneriez à étendre les ailes de votre culture générale francophone. Ça pourrait faire partie de vos résolutions pour 2024, tiens!

Faire le bilan: à quoi ça sert?

On se dit toujours « au crépuscule de l’année, à l’approche des fêtes, entre repos mérité pour les uns et ébriété à la chaîne pour le reste, je ferai le bilan. Je ferai le point de ce qui n’a pas marché et – ressers moi un peu de rouge dessert, s’il te plaît – de ce qui a mieux marché »

Cette façon d’envisager le bilan me fait penser à un chauffeur au volant qui, pour mieux s’orienter vers sa destination, regarderait dans le rétroviseur. Étrange, non?

Pour moi, le bilan ce n’est pas hier, ni le jour d’avant. C’est aujourd’hui!

C’est se regarder aujourd’hui, être dans le présent et analyser comment on se sent par rapport aux rêves qu’on avait, regarder où l’on se trouve sur la carte du chemin qu’on s’était promis de faire.

Il ne s’agit donc pas de regarder avec dédain et déception sa place de parking sur laquelle luisent les phares éteints d’une citadine compacte « de débutant », aux côtés d’un Range Rover Sport flambant neuf, couleur Metallic Champagne, phares xenon, intérieur cuir, toit ouvrant panoramique, boîte auto (of course!), sièges chauffants et j’en oublie!

Elle est belle quand même, hein…

Faire le bilan ce n’est pas un exercice d’autoflagellation pendant lequel on se comparerait aux voisins et à la vie qu’on aurait pu mener si on était né de parents aussi riches, si on avait choisi le trottoir des palaces plutôt que ce sympathique boulot dans la banque du coin, si on avait épousé un riche armateur grec plutôt que… arrêtez. Ce n’est vraiment pas le but de l’exercice.

Faire le bilan c’est s’interroger sur notre progression vis-à-vis de nos rêves, nos ambitions, nos objectifs. Oui, dans cet ordre là.

Faire le bilan suppose donc d’avoir dormi assez bien pour rêver mieux, puis d’avoir défini ses ambitions sur la base des rêves et par la suite de s’être fixé des objectifs – qui inscrivent dans l’action ce qu’il reste de nos rêves une fois passé le filtre amincissant de la réalité dans laquelle nous vivons.

En se donnant des objectifs – plutôt qu’en nourrissant ses rêves – , c’est plus facile de les réaliser. Ça peut ressembler à une lapalissade, mais croyez-moi, c’est bien plus facile d’augmenter son salaire de 10% en 3 ans que d’être Barbie et d’épouser un Ken riche avec une voiture américaine décapotable en plastique!

Pensez aux objectifs que vous vous êtes fixés il y a 3 ans et regardez où vous en êtes, appréciez le chemin parcouru et prenez quelques secondes pour ressentir de la gratitude.

« De la grati-what?! », me diriez-vous.

J’ai une bonne nouvelle pour vous, pour laquelle vous devriez éprouver de la gratitude: si vous lisez cette ligne, c’est que vous êtes vivant.

Ne le prenez pas pour acquis, on sait bien que dans la phrase« dans trois ans je serai pilote », le plus important n’est pas de faire voler un avion, mais bien d’être encore là dans trois ans. Oui oui… à bien y réfléchir, si vous n’êtes pas là, même avec tous les diplômes du monde, vous ne piloterez plus rien. Alors, à l’heure du bilan, prenez le temps de la gratitude et remerciez les Ancêtres, Dieu, Allah, YHWH, Jehovah, Zeus, Mitra, Horus, Amon, Aton, le Grand Archi, l’Univers ou même le soleil de vous avoir maintenue en vie. Même si vous n’avez toujours pas de Range Rover full options, c’est déjà un objectif que vous avez atteint.

Puis passez en revue vos objectifs avec bienveillance pour regarder ce qu’il reste à faire.

NDLR: Avoir sa Rolex à 30 ans n’est pas un objectif: on n’a vraiment pas besoin d’investir plus de deux ou trois millions de francs CFA (la monnaie des colonies françaises d’Afrique, tu connais?) pour lire l’heure. La vie nous l’apprend chaque jour avec insistance.

Faites le bilan quelques instants pour définir une feuille de route pour le futur, pour identifier les opportunités et les chemins qui vous mèneront vers vos objectifs. Je précise bien « quelques instants » et pas deux semaines ou une journée, parce qu’on sait bien que entre deux verres, il y a une mousse de bière ou une bulle de vin qui se sera échappée si on y passe trop de temps!

A tous ceux qui penseront sans le dire trop fort « mon petit, faut laisser ça! La nuit porte conseil » je demanderais juste l’heure à laquelle la nuit donne souvent les conseils, parce que depuis, j’attends et je n’en reçois pas. J’ai déjà vu passer les avions de nuit de quelques oncles du village la nuit, mais pas encore de conseil.

Sur ces mots, je vous souhaite un bilan bref et motivant!

L’Aristopathe.

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